dimanche 21 février 2016


Le 12 février,
Nous avons notre écho du deuxième trimestre.
Déjà.

Pendant cette écho nous allons voir nos filles sous toutes les coutures.
On va voir si tout est fonctionnel, si elles ne sont pas atteintes de malformations.

Sans surprise ce sont toujours des filles, et elles vont bien.
Deux mains, deux pieds.
20 doigts.
Deux yeux, deux oreilles, un nez, une bouche.
Chacune.

Cette écho prend du temps. 
Une heure.
Je commence à avoir sérieusement mal aux fesses.

 Deux cœurs qui battent la chamade.
Avec des cavités parfaites et des échanges parfaits.
Deux reins.
Une vessie.

On passe aux mensurations.
Elles sont dans les courbes.
Un peu en dessous de la moyenne.
Un petit périmètre cranien.
(Ça passera mieux à l'accouchement!)

Ce qui m'a choqué lors de cette écho c'est qu'on ne les voit plus dans leur totalité.
Elles sont trop grandes pour ça, c'est fou!

Elles ne sont pas jumelles pour rien.
Elles font exactement 28cm et 550 grammes chacune.

Mais n'ont pas le même caractère pour autant...
J1 est une vraie acrobate hyperactive.
Elle a passé son temps à pousser sur la sonde d'écho.
A se mettre à droite, en transverse, à gauche.

J2 elle est beaucoup plus cool.
Elle était en transverse, en mode transat.
Et faisait dodo la tête sur son placenta.
On a eu beaucoup de mal à voir les caractéristiques de son visage d'ailleurs.

C'est fou de vous revoir. 
De voir que vous êtes deux, si semblables mais pas identiques pour autant.
Plus on vous voit, plus on vous imagine, plus on réalise.
On vous aime.

Premier cours de préparation à la naissance et à la parentalité.

On rencontre timidement les collègues qui vont passer ses 7 cours avec nous.
On a toutes eu la même sage-femme, pour en changer en cours de route.
C'est marrant!

Je devrais être la première à accoucher.
Avec des jumelles ma DPA est à 39sa.

Nous sommes 4 couples.
Je suis la seule primipare.
Et on me fait remarquer que je n'ai pas un ventre de jujus.
Chérie me dira en sortant qu'effectivement je n'ai pas de ventre, ou si peu.
En fait, on dirait juste que j'ai trop mangé je crois.

Nous switchons de partenaires pour apprendre à se connaitre à l'aide d'un questionnaire.
Et puis on gardera nos places ainsi pour le cours après tout.
Je suis bien sur mon ballon.

Chérie n'est pas à l'aise.
Ma toute timide.
Mais elle est en face de moi, je lui souris, et lui fais des clins d’œil.
Je ne t'oublie pas.

On va parler de tout.
Notre SF est une pipelette.
Elle est aussi passionnée par son métier, ça se voit.

Mais en particulier de nos attentes par rapport à ces cours.
La confiance en soi, le support du partenaire, la gestion de la douleur, la physiologie du corps, le lâcher prise.
Tant de sujet aussi intéressant les uns que les autres.

On est toutes à peu près raccord sur nos souhaits d'accouchement physiologique, sinon respecté.
Ça fait du bien de se sentir comprise, normale.
Un couple en particulier m'a l'air aussi perché que moi.

Je me sens bien.
A ma place.


samedi 20 février 2016

Du coup on a changé de sage-femme.

L'ancienne était surement très professionnelle, mais...
Beaucoup trop scolaire, et pas assez attentive à mes besoins.

Ça m'a sauté aux yeux, là, quand je lui ai parlé de l'accouchement et qu'elle a survolé le sujet d'un "oui bon vous n'aurez peut être pas une césarienne automatiquement, mais sans péri?! Vous verrez bien avec la maternité."


Sans le vouloir j'ai activé un réseau secret, celui des femmes comme moi qui cherchent autre chose, une façon plus naturelle d'accueillir son enfant. Elles elles accouchent parfois chez elle, telles des guerrières pleine de confiance, accompagnées ou pas, d'une sage-femme compétente. Quelle chance.

Elles, elles m'ont trouvé une perle.
Si près.
C'était un peu surréaliste, moi qui avait cherché, encore et encore.

Puis on l'a rencontré.
Et de A à Z, du 1er pas de la porte, cette grande pièce qui parle d'allaitement, de portage, de motricité libre et de bienveillance, aux essuies mains lavables dans la SDB, c'était elle. C'était moi.

On a longuement parlé, j'ai pu poser mes questions sans tabou, elle y a répondu de son point de vue de professionnelle, scolairement pour ensuite toujours faire le parallèle avec sa vision des choses, beaucoup plus physiologique, naturelle, bienveillante.

Pour la première fois je n'ai pas eu de toucher vaginal. Non ce n'est pas automatique et obligatoire, et j'ai apprécié.
J'ai aussi apprécié qu'elle vous parle quand elle vous touche, mes petites Étincelles.

J'ai beaucoup aimé notre premier cours de préparation à l'accouchement la semaine qui a suivi. Mais j'y reviendrais...


Mon projet de naissance.
Il a été pensé depuis bien longtemps. Des années.

Il était parfait, tout vu, tout conçu, tout prêt.
Il n'attendait que toi.


- Je voulais pouvoir accoucher, en position physiologique, dans une petite maternité bienveillante à côté de la maison. Manger et boire à ma guise.
Te donner la vie dans une piscine, debout, accroupie, sur le dos pourquoi pas, tant que c'est moi qui choisissais.

- Je ne voulais pas de péridurale.
Je voulais pouvoir bouger à ma guise, répondre à la douleur pour m'adapter pour vivre ce moment aussi intensément que j'estimais devoir le vivre.
Ne pas te laisser faire tout le travail tout seul mon bébé. T'accompagner.

- Je voulais qu'on ne m'infantilise pas, moi la primipare, ne faisant pas partie du personnel soignant: qui ne sait donc rien.

- Je ne voulais pas non plus d'épisio, cet acte barbare et non physiologique. Confort du médecin, douleur de parturiente. Mon corps, lui seul, déciderait s'il est nécessaire qu'il s'adapte à sa façon.

- Je ne voulais pas de déclenchement, chose encore plus barbare à mes yeux pour toi mon tout petit. Ces contractions si fortes pour te forcer à sortir.

- Je préférerais avoir une césarienne pour te laisser venir sans souffrir, et subir pour deux.

- Je voulais te garder tout contre moi pour la délivrance, les soins qui me seraient nécessaires.

- Je voulais qu'on évite de te l'éloigner de moi. Au diable la pesée, les mesures, tout ça peut attendre.

- Te donner la tétée de bienvenue, quel meilleur moyen de t'accueillir au sein de notre famille qu'en mon sein?

- J'aurais voulu une sortie précoce. Pour être tranquilles tout les trois à la maison. Nos repères, en prendre de nouveau au plus vite. Ne pas me sentir épiée, surveillée, pour ne pas perdre ma confiance en moi.

C'était sans compter sur la Vie, cette farceuse.
Elle, elle vous a envoyé à nous.
Comme si pour ce premier enfant, que l'on imaginait unique, tout était trop carré, tracé, vu, prévu.

Et il a fallu tout repenser. 
Pour deux.


- Il existe très peu de maternité de niveau 1 acceptant les gémellaires.

- Et il existe aussi très peu de maternité de niveau 2 qui pratique une autre façon d'accoucher que le standard sur le dos, pieds dans les étriers, harcèlement à la péridurale, épisiotomie ni vue ni connue. Chantage et menace de césarienne pour aller plus vite.

Mais on va la trouver cette maternité qui se sent le courage d'accueillir un accouchement de jumelles tout en nous laissant la liberté de vous accueillir dans le plus grand des respect possible, le mien pour le vôtre.  Je suis confiante. Même si parfois j'ai encore peur.

Cela ne va pas sans sacrifices, tout de même.

- Garder mon premier bébé pendant que je donne la vie au second?
Je crois que votre mère aura les bras assez solides pour te garder alors que je donnerais la vie à ta sœur.

- Une péridurale?
Et pourquoi pas après tout? La porte reste entrouverte à cette éventualité. Mais quand je l'aurais décidé. 
 Oui parce que s'il y a quelque chose qui me fait peur c'est cette Grande Extaction: que le soignant aille chercher J2 s'il ne veut pas descendre. Me sentirais je le courage, dans ce cas, de me passer d'anesthésie? J'y travaille.

- Je ne veux toujours pas de déclenchement. Ça n'a pas changé.
Je ne veux pas vous faire subir ça, vous expulser de force, de façon aussi brutale sur plusieurs heures.

- Je préfère toujours l'option de la césarienne, et puis tant pis si j'ai pas mon accouchement physiologique. Mais j'aimerais aussi avoir votre mère à mes côtés.

- Et puis si c'est le cas pas de tétées d'accueil. Je compte sur votre mère pour vous porter sur son cœur le temps que je vous rejoigne. 
C'est une belle place aussi, vous verrez.

- Très peu de chance que l'on nous laisse sortir rapidement. J'en apprécierais que d'autant plus notre retour à la maison.


Alors à toi, petite farceuse, j'aimerais te dire MERCI.
Merci la Vie.
Je t'aime de nous remettre constamment en question.
C'est comme si tu nous poussais dans nos retranchements pour ressortir le meilleur de Nous.
Pour ouvrir nos cœurs, nos esprits, notre vision encore trop étriqué et catégorique à ton goût.
Pour être de meilleures personnes, de meilleurs parents.

Le 15 janvier,
J'ai mon écho de contrôle mensuelle.
Je crois que c'est une des échos qu'on attendait le plus!
Nous sommes à 19SA, on va pouvoir savoir les sexes, si les bébés sont coopératifs!!

On commence immédiatement par ça.
Ce seront deux filles pour nous!!
Moi je suis ravie, même si j'avais envie du choix du roi.
Chérie est un brin déçue, mais un tout petit brin de rien du tout.
Je crois que jusque là elle s'autorisait à rêver avoir au moins un garçon mais maintenant que l'on est fixées elle est ravie, elle est émue.
On est émues.

"Nos filles", "Nos poulettes"
Comme on les appellent maintenant quand on s'adressent à elles.

Leurs prénoms sont tout choisis depuis de nombreux mois.
Mais impossible encore de les nommer vraiment par leur prénom, ou timidement.
C'est comme si tout cela était encore irréaliste.
Je couve deux petites étincelles, j'en suis consciente, mais c'est comme un trop beau rêve qu'on aimerait réalité:
Si on le raconte il perd un peu de sa magie, non?
De la superstition peut être?

J'ose parfois et je crois que je n'arrive pas à me dire qu'enfin dans quelques semaines elles seront belles et bien là.

Et pourtant.
Elles sont là, lovées au creux de mes entrailles.
Elles sont en pleine forme: 274 et 291 grammes de bonheur :)

GIRL POWER!