mercredi 19 août 2015

L'hystérosalpingographie.


Cet examen au nom compliqué, que je sais aujourd'hui dire sans difficulté.
J'en ai lu des choses, j'en ai entendu des récits (j'espère vraiment ne pas vomir tout le long de l'examen! ;) ), je préfère savoir.

La veille, n'ayant toujours pas reçu ma convocation, je me demande si je n'ai pas des fournitures à ramener pour l'examen.
Si.
Le produit d'injection.
Mais j'ai aussi un traitement à prendre et une PDS BHCG à faire.

24 heures avant l'examen me voila à appeler le centre de radiologie pour qu'ils me communiquent les instructions.
Je file effectuer ma PDS:
"Vous avez déjà fais un test en pharmacie?"
"Euh bah c'est le protocole pour effectuer un examen de fertilité en fait..."
"Ah"
Puis chercher mes médicaments que je dois commencer dès le soir même.

Le jour J, j'ai mal dormi.

Je suis stressée.
De plus ma mutuelle joue avec mes nerfs, je n'ai aucune preuve d'être assurée, mais c'est réglé.

Je récupère mon résultat de PDS, négative bien sûr.
Et on file au centre de radio.

Chérie est heureusement en repos et je suis rassurée par sa présence.
A peine arrivée c'est déjà mon tour. 

L'assistante du radiologue est très sympathique, elle me demande si je sais comment ça va se passer.
Je dis que non, j'ai besoin de réentendre ce qu'on va faire.
Elle m'explique cela très bien.
Je lui demande si cela va être douloureux:
"Comme des douleurs de règles, plus soutenues"
Me voilà prévenue. 
Moi qui ne souffre quasiment pas pour mes règles, je ne sais pas vraiment à quoi m'attendre du coup.

"Ca fait combien de temps que vous essayez?"
1. An. Et. Demi.

"Et votre conjoint vous savez s'il a un problème?"
Vu ce qu'on s'apprête à me faire, et comme je n'ai pas encore vu la tête du radiologue qui va pratiquer l'examen je préfère mentir en disant que de ce côté tout va bien.
Puis je sais que de ce côté je n'ai pas à m'inquiéter.

On est pas à l'abri, encore de nos jours, de tomber sur un médecin homophobe qui pour te faire comprendre que tu vis dans le pêché, va te faire passer un sale quart d'heure.

J'aurais préféré que cela dure un quart d'heure.
Contre toute attente, le radiologue à l'air très sympathique, il a un air jovial et gêné, sûrement pas plus que moi mais ça me fais chaud au cœur de sentir qu'il respecte quelque part ma position magnifiquement gynécologique sur cette longue table dure et froide. Il me sourit et ça me réconforte.
La pose du spéculum est très désagréable, ça brûle.
Je me prend à penser que je ne veux déjà plus d'accouchement sans péridurale, puis je me dis que quand ça vient de l'intérieur c'est sûrement plus physiologiquement acceptable pour le corps, puis on sait ce qu'on a à la fin...

Mon calvaire commence, il n'arrive pas à passer le col.
Il réessayera maintes fois, introduisant la sonde, puis la sortant ainsi de suite, je ne compte plus, je souffle, les yeux fermés. J'essaye de me détendre quand même pour faciliter l'introduction. Mais ce sont comme des petites aiguilles qui cherchant leur chemin se heurteraient aux parois...
Il s'excusera plusieurs fois. On change de sonde, une plus fine apparemment.
Il n'arrête pas d'appuyer sur mon bas ventre, comme pour orienter un peu mon utérus capricieux.
Pas ma faute si j'ai un utérus rétroversé.

Ça fini par rentrer, je râle, je m'excuse, il me rassure en comprenant que c'est certainement plus gérable pour moi en nommant mes ressentis.

Un si petit flacon de produit ne peut pas faire aussi mal que ça?
Et pourtant.
Il injecte le produit, et j'ai si mal, c'est donc ça de vraies douleurs de règles?
Moi qui ne ressens simplement que de l'inconfort dans les reins habituellement, là je ressens tout dans le bas ventre.
Heureusement c'est instantané, 10 secondes après ce n'est plus aussi douloureux.
Mais il l'injecte en plusieurs fois, 5 ou 6. 

Sur le dos c'est insupportable.
Sur les côtés je ne ressens rien. Je veux mon accouchement physiologique c'est sûr.
La trompe gauche ne s'opacifie pas. Je me grommelle à moi même que ça fait chier, j'ovule toujours superbement à gauche! 
On réessaye. Non ça ne marche pas.

C'est fini.
  
On me laisse récupérer 5 minutes sur la table.
Puis je passe aux toilettes, tout le long j'avais l'impression d'avoir envie d'uriner, juste une impression.
Mais ça coule, je saigne. J'ai prévu le matos.
Je me rhabille, j'entend le compte rendu dicté dans la pièce d'à côté.

"La trompe gauche est non opacifié bla bla bla..."

Le médecin viendra me le confirmer deux minutes plus tard.
Il a un air désolé, je le remercie d'avoir été si prévenant, et je m'en vais.

Elle n'a pas bougé et m'attend assise sur son coussin, j'esquisse un sourire forcé, heureuse de la retrouver mais les larmes me montent aux yeux. Elle me prend dans ses bras, et ça va tout de suite mieux.
Je lui raconte et lui donne le verdict. Elle est déçue. Je ne fais rien comme tout le monde, je sais.
C'est à moi de la rassurer, j'ai déjà entendu de belles histoires de bébés nés malgré une trompe bouchée et par ce même chemin en plus.

Au moins on le sait. Ça ne nous empêchera pas d'essayer.
RDV deux jours plus tard avec la gynéco pour voir la suite du programme.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire