Tout le monde sait qu'on veut des enfants.
On en parle parfois.
Y a des questions correctes:
- Combien on en veut?
- Des garçons? Des filles?
- Une idée des prénoms?
D'autres moins:
- "Vous allez le trouver où le sperme?" (littéralement)
- "Vous allez coucher?"
De la condescendance:
- "Faites pas comme ci ou comme ça les filles hein!"
Mais leur dire qu'on essaye, non.
C'est pas l'envie qui manque, parfois.
J'aimerais bien pouvoir dire à ma mère ou à ma sœur qu'hier j'ai eu un énième rdv chez le gynéco, que c'est négatif & que j'en ai marre, que je vais passer un examen barbare et que j'ai peur.
Qu'on essaye depuis un moment déjà d'être mamans...
J'ai bien envie d' hurler à la personne qui nous dit qu'elle ne nous sent pas prêtes à être maman, que c'est douloureux pour mon petit cœur d'infertile!
Mais non, je me tais, le regard dans le vague je m'envole dans mes pensées pour retrouver notre famille comme je l'ai si souvent imaginée.
Quand ils sont tous là à parler de leurs enfants, des possibles à venir et que les nôtres ne sont mentionnés à aucun moments...
Comme si nous n'avions pas le droit de faire partie de ce club pas si select...
C'est peut être aussi ma faute...
Si peureuse à l'idée que l'on ne découvre notre secret je répond:
"On verra le moment venu"
Quand on nous demande quand on voudra des enfants.
Paradoxal n'est ce pas?
Tout moi.
On en parle pas, donc.
Et c'est bien.
J'avais peur que ça traine en longueur, qu'on nous demande sans cesse quand on allait essayer, comment, quand nous aurions la réponse...
Ça traine en longueur.
On a pas de bébé.
J'avais pas envie, qu'on nous dise tout les mois que "ça marchera la prochaine fois", qu'il faut que "j' arrête d'y penser" parce que c'est moi qui bloque le processus, que, désolés pour nous, on essaye de nous réconforter, qu'on sache pas quoi nous dire, qu'on finisse par réconforter les personnes qui nous réconfortent...
J'avais pas envie, de plus savoir quoi dire...
Je veux juste pleurer dans mon coin.
Penser à de meilleurs lendemains.
Hiberner dans mon lit.
Jusqu'à pouvoir repartir.
Je pense au jour où enfin nous t'attendrons.
Où tu seras là.
Leur diras t-on?
Combien nous t'avons attendu?
Par quels obstacles nous sommes passées?
Pourras t on relâcher les vannes et pleurer de soulagement, si personne ne comprend?
Il parait qu'on oublie vite tant de temps à passer à attendre.
Ça me semble improbable.
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